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Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Je suis Kofi, artiste d’origine ghanéenne. Je vis et travaille à Paris. Je peins depuis tout petit et ai débuté le dessin très jeune, rapidement j’ai eu envie de vivre de ma passion. Mes premiers croquis étaient des reproductions de comics et de mangas mais j’ai très vite évolué vers les portraits, je voulais me rapprocher de la réalité. Mes parents bien qu’admiratifs de mon travail ne souhaitaient pas que je m’engage dans cette voie artistique mais plutôt que je trouve un “vrai” travail. Ils craignaient que ce monde, difficilement pénétrable, le soit encore plus pour un noir.

C’est ainsi que je me suis tourné vers le graphisme afin de concilier ma passion pour le dessin et mon intérêt pour la publicité. De graphiste à Directeur Artistique en agences de communications, agence de publicité, en passant par la presse Féminine, le travail en entreprise m’a permis de comprendre les codes et le langage et ainsi de consolider mon bagage professionnel.

2005 est l’année de ma toute première exposition à Paris dans la galerie Espace Choiseul.

Il m’était un peu difficile de concilier ma vie professionnelle et ma passion car je m’investissais beaucoup à l’époque dans le travail et bien que fourmillant d’idées, il m’était difficile de peindre le soir car trop fatigué. Cela a duré un certain moment avant que je ne prenne la décision de consacrer plus de temps à la peinture. Le déclic est survenu grâce à la commande d’un de mes amis qui souhaitait que je réalise une toile pour son nouvel appartement.

S’en est suivi une exposition dans le 11ème arrondissement où j’ai présenté 15 toiles. La création de ces œuvres a été très rapide car mentalement j’étais prêt. Cette exposition a bénéficié d’un bon retour.

En 2013, j’ai exposé à Cannes, il s’agissait d’un live painting où j’ai pu nouer de nombreux contacts. Cette expérience nouvelle a été très enrichissante.

Une évolution significative et notable est marquée par mon exposition à New York dans la galerie Hollows à Brooklyn. L’idée était de créer une œuvre artistique sur le mur de la galerie. Cela représente un moment très fort de mon parcours surtout que cet évènement a été relayé dans la presse new yorkaise ce qui a donné une nouvelle impulsion à mon travail. A partir de ce moment, j’étais considéré comme un artiste confirmé à part entière. Suite au succès de cette première expérience américaine, j’ai été invité l’année suivante à la foire New Yorkaise Art expo qui a pour but de rassembler différents artistes.

Au cours de ces années mon identité s’est affirmée et j’ai ainsi eu l’opportunité d’exposer dans de nombreuses galeries parisiennes notamment la prestigieuse galerie à Matignon 28 et à la galerie Sonia Monti. Cette exposition fut pour moi une grande surprise puisque j’y suis allé un peu au culot en démarchant directement le galeriste.

J’ai énormément œuvré pour la promotion de mon travail, j’ai notamment rédigé et édité mon catalogue, j’ai travaillé sur ma communication via mon site internet et ma page facebook. Le but était de faire vivre mon art. Cela m’a permis très rapidement de tirer des revenus de mes peintures à travers les expositions mais aussi les ventes en ligne, même s’il est vrai que certaines périodes sont plus “rentables” que d’autres.

J’ai enchainé entre évènements de plus ou moins grande envergure comme la fameuse exposition à Miami Art Basel considérée par les artistes comme l’évènement phare d’art contemporain qui rassemble les artistes les plus côtés; la foire annuelle à Bastille, l’exposition au sein de l’hôtel renaissance à Paris. Tous ces évènements m’ont permis d’accroître ma visibilité et de communiquer sur mon travail.

Désireux d’évoluer, je me suis rendu à Berlin afin de m’initier au graff et au pochoir. Expérience intéressante que j’ai intégrée à mon travail de retour à Paris. J’ai également graffé avec la technique du collage dans les rues de Paris et certaines de mes œuvres sont toujours présentes sur les murs de la capitale.

Actuellement je prépare une exposition à Londres, l’idée étant de m’exporter dans le plus de lieux possible comme le Japon ou les Etats Unis.

Quels sont les artistes qui vous ont influencé, que vous admirez ?

Au commencement je n’étais pas réellement influencé par des artistes en particulier. C’est plutôt mon environnement qui m’interpellait. C’est ainsi que j’ai intégré à une marque de vêtements qui était en recherche de son identité graphique des motifs que j’avais observé lors d’une de mes balades. J’ai pris conscience de l’impact de mon travail et j’ai commencé à développer ces motifs et j’ai créé toute une série de produits dérivés allant des baskets Nike à des mugs. A cette période, j’ai réalisé 5 toiles avec ces mêmes formes qui sont devenus ma spécificité.

J’apprécie le travail de plusieurs artistes dont Poliakoff, Keith Haring pour la simplicité de ses formes, L’artiste français Jean Dubuffet, le designer Philippe Starck, l’artiste américain Polak. Et bien évidemment Basquiat, car cet artiste m’a énormément marqué par son travail naïf, spontané et les couleurs primaires utilisées.

A mon sens, l’artiste doit influencer et impacter son public de tel sorte que les personnes s’interrogent sur les œuvres mais sur l’artiste également.

D’où vous vient votre inspiration ?

Mon travail est un travail de réflexion, avec une volonté de communiquer un message. Je m’inspire de mon enfance, j’en conserve une certaine innocence que je voudrais préserver même si j’observe le monde d’aujourd’hui avec toutes les dérives et drames de notre époque. Le domaine de la publicité dans lequel j’ai évolué n’était pas tendre mais cette expérience m’a permis de prendre du recul.

J’aime les histoires, les films, l’observation. Je suis attentif aux gens, j’aime prendre du temps pour écouter. Tous ces éléments constituent mon inspiration.

Je souhaite préserver des valeurs saines et spirituelles et communiquer sur la paix, la joie qui font malheureusement défaut dans notre société actuelle.

La finalité de mon travail est d’apporter un peu de joie aux personnes qui se procurent mes œuvres, d’apporter de la gaieté et de la joie dans leur intérieur, et de dispenser de l’énergie positive.

Je ne peins pas lorsque je me sens stressé ou mal car j’aspire vraiment à transmettre du positif à travers mes toiles.

La peinture m’a permis de sortir de périodes difficiles comme par exemple une rupture amoureuse qui m’a profondément marqué.

L’amour entre deux personnes m’inspire et me touche, cette thématique a un fort impact dans mon œuvre. En effet, beaucoup de mes toiles vendues évoquaient l’amour. J’ai le sentiment que je parviens à transmettre un peu de ma sensibilité à travers ces toiles.

Quelle est votre particularité ?

Je travaille sur trois axes. Lors de mes expositions, je peux me focaliser sur un axe ou aborder un peu des trois pour toucher le plus grand nombre de personnes.

Le premier est axé sur le thème de la préhistoire moderne. La démarche consiste à mettre en forme des images et à travailler sur l’impact des couleurs et des formes.

Le second axe “Réinvention de l’écriture” est une découverte de caractères inspirés des hiéroglyphes, des symboles africains et arabes. Ma démarche s’inspire également de l’ethnologie, de l’anthropologie, du travail de Cheick Anta Diop. La finalité de cette nouvelle écriture est de transmettre un message paisible. J’ai envie que les gens soient touchés différemment, qu’ils puissent interpréter les messages d’où cette idée de réinvention de l’écriture.

Le troisième axe sur lequel je travaille est “Fragments terrestres”, c’est une vision post humain, une histoire après les humains. J’imagine une civilisation autre qui arriverait sur terre qui essaierait de comprendre ce qui s’est passé à travers les fragments. Il s’agit essentiellement de formes déstructurées; exemple de la toile KO et harmonie.

Quelle est l’œuvre phare de vos créations?

Il s’agit de la toile phare, love story. A cette époque, j’étais en couple avec une personne qui me faisait du mal. J’étais tellement amoureux que je ne voyais pas que cet amour était destructeur. J’ai voulu dessiner une toile représentant notre histoire en illustrant un amour idyllique avec de belles couleurs et des formes harmonieuses. Paradoxalement, les derniers coups de pinceaux étaient des pointillés qui symbolisaient la fissure de la toile en deux. Non seulement ils marqués l’aboutissement de la toile mais aussi la fin de cette histoire d’amour. Avec du recul, j’ai analysé l’ensemble de cette peinture et j’ai pris conscience qu’à travers mes dessins j’extériorisais mes pensées. J’ai compris que ma relation était vouée à l’échec dès le début car j’ai débuté la toile avec des pointillés symbolisant la séparation. Ce tableau résume toute mon histoire d’amour.

La compréhension de la relation entre cette histoire et la toile a été salvatrice puisqu’à cela m’a permis de sortir de l’état de déprime dans lequel j’étais enfermé.

Où travaillez-vous ?

Je travaille beaucoup chez moi par rapport à l’énergie qui s’en dégage, je m’y sens apaise et en phase avec moi-même. Il y a également une dimension spirituelle.

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Promotion de l’Art Africain

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