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J’ai rencontré Alioune il y a presque un an à l’occasion de l’anniversaire d’une amie que nous avons en commun. De fil en aiguille on s’est vite rendu compte que nous avions plusieurs connaissances communes mais je n’ai pas le souvenir qu’il m’ait parlé de sa passion pour la photographie.

C’est il y a quelques semaines que j’ai découvert son travail à l’occasion de la biennale de Dakar. J’ai immédiatement adoré ses photos, je trouve ses portraits magnifiques. Les visages tellement expressifs semblent raconter une histoire de vie qui nous donne envie d’en savoir plus sur ces personnes.

  • Peux-tu te présenter ?

Je suis Alioune Ba, mon nom d’artiste est Alun Be.

Je suis architecte de formation et artiste photographe même si je n’aime pas l’idée d’être classé dans une case. Je m’exprime essentiellement par le biais de la photo même si mon art peut être amené à évoluer. J’ai grandi au Sénégal et mes parents ont vécu dans plusieurs pays ; j’ai donc eu la chance très tôt de découvrir plusieurs environnements.

  • Pourquoi avoir choisi ce métier ?

En fait l’architecture ce n’était pas trop par choix. Mes parents avaient peur que je m’engage dans le milieu artistique. J’ai donc étudié l’Architecture aux Etats Unis. De retour au Sénégal, j’ai intégré l’ordre des architectes du Sénégal mais il est aujourd’hui un peu dévalorisé et en voie de perdition. Les gens construisent sans architectes donc cela fausse un peu la donne. Cette situation m’a refroidi sur mon évolution professionnelle au Sénégal.

Je me suis alors rendu au Danemark pour travailler et approfondir mes connaissances.

J’ai eu un déclic à travers une rencontre, une personne, artiste également qui a perçu que j’étais un artiste mais que plutôt de suivre ma voie j’avais écouté ma famille qui voulait que je sois docteur ou architecte. Il m’a dit qu’il savait car il avait vécu exactement la même histoire que moi.

J’ai réalisé le portrait de cet homme qui est une photo que j’adore !

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  • En tant qu’artiste, comment te définis tu ?

Je pense que je fais partie de la catégorie d’artistes qui ont le devoir de refléter leur époque. L’art stimule l’esprit. Mon travail et celui des artistes ne peuvent qu’aider les sociétés à grandir.

  • Quels sont les artistes que tu admires ? Qui t’ont inspiré ?

J’admire les artistes engagés pas forcément politiquement mais socialement comme Nina Simone. Nina Simone était une grande artiste mais c’est quand elle s’est engagée dans la lutte contre la ségrégation que sa carrière a décollé. C’est ce qui me plait, quand il y a un fond, une âme derrière le travail, ça touche les gens, ça les influence.

Alexis Peskine a exposé notamment sur le thème de l’immigration lors de la biennale de Dakar en mélangeant plusieurs techniques (sculptures, photographies, vidéo…) pour faire passer son message. Je pense aussi à la photographe l’ukrainienne Olga Prisco. Elle est dans l’imaginaire ; ses mises en scène sont un peu ésotériques mais en même temps son travail interroge et c’est ce que j’aime. L’art doit interroger, il doit y avoir des questionnements sinon c’est de l’artisanat.

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  • Comment travailles-tu ?

Je réalise essentiellement des portraits. Les visages racontent beaucoup d’histoires, les yeux notamment. On peut lire sur un visage si la personne est dans la haine, dans la paix, la tristesse ou la joie. Ce qui m’attire en général c’est le charisme des personnes qui ont traversé des expériences très fortes ; en général ces expériences sont gravées sur leur visage.

Avant de prendre la photo, je visualise le cliché que je souhaite prendre. Lors de la séance c’est plus un échange. Je passe beaucoup de temps avec les personnes. Je m’accroche à la vision de la photo que je souhaite réaliser.

La plupart du temps c’est au feeling que je réalise des portraits. Je peux rencontrer une personne dans le métro et lui demander de réaliser son portrait car son visage m’interpelle, dégage quelque chose qui me donne envie de le capturer.

Mais puisqu’il s’agit mon activité principale, je travaille également sur commandes. Les sollicitations peuvent aussi bien émaner d’organismes tels que les Nations Unies que de particuliers.

  • Quelle est ta particularité, ta singularité ?

J’aime photographier des portraits. Les visages m’interpellent. Je suis une personne qui observe beaucoup et qui aime chercher à comprendre quelle histoire raconte un visage.

  • Quelle est l’œuvre phare de ta création ?

La photo de la personne rencontrée au Danemark a été un déclic. Elle m’a donné confiance et m’a permis de sauter le pas mais c’est plus la série de photos de femmes africaines qui m’a fait prendre conscience que j’avais ma patte. Cette patte s’est affirmée avec cette série de portraits. Une fois le travail terminé, pour la première fois je l’ai regardé avec beaucoup de recul et d’appréciation.

  • Es-tu dans des associations, des groupes, des collectifs ou autres d’artistes ?

J’aime beaucoup travailler avec Malick Welli et Siaka Traoré qui sont photographes. Ce sont des personnes que j’ai rencontré à leurs débuts et on évolue en même temps, on se sert les coudes.

  • Quels sont tes projets en cours ?

J’aimerai bien mettre en place des projets qui questionnent à travers l’humour les valeurs sociales de notre époque et la mondialisation, le tout grâce à la photographie !

Promotion de l’Art Africain

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