Né à Cotonou en 1968 (Bénin), Charly D’almeida a commencé en autodidacte puis a été formé dans l’atelier d’art appliqué d’un grand peintre béninois pendant 4 ans.

Il y a quelques années ses réalisations s’imprégnaient de croyances ancestrales et de traditions culturelles. Ainsi, il a beaucoup travaillé sur le dieu de fer, la divinité Ogun (vaudou) qu’il représentait par le signe ou par la matière dans la composition de ses œuvres. Au Bénin, plus qu’une religion le vaudou est une culture, une tradition, raison pour laquelle elle est souvent présente dans les œuvres d’artistes.

Les références à l’Afrique et à sa culture sont aussi représentées à travers les matériaux utilisés: ce sont des matériaux qui lui rappellent son enfance, des matières naturelles telles que le sable, les feuilles, le bois etc.

Les couleurs sont chaudes : ocres, jaunes, brunes….

Les sculptures de Charly d’Almeida associent essentiellement deux matériaux : le métal et le vieux bois. L’artiste est particulièrement consciencieux quant aux choix des matériaux.

Pourriez vous vous présenter ?

Je suis peintre et sculpteur. Je vivais en France mais je suis rentré définitivement au Bénin depuis 4 ans. Je peins depuis 1988. J’ai débuté la sculpture il y a 13 ans.

Pourquoi cette évolution?

Le langage, la transmission sur tableau ne me correspondait plus. Je recherchais une autre force pour décrire ce que je voulais dire et montrer. J’avais envie d’aller dans mes expressions de manière différente, en recherchant le toucher. C’est comme ça que j’ai évolué vers la sculpture

C’est une matière à 3 dimensions qui m’a permis d’obtenir les sensations que je recherchais.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Je suis passionné de dessins depuis l’enfance, je dessinais constamment ce qui a causé pas mal de tensions avec mes parents qui ne comprenaient pas cet intérêt pour le dessin. J’ai également toujours aimé bricoler pour donner des expressions, donner vie à mon imagination. En primaire cela s’est accentué car je dessinais tout le temps, aussi bien en classe qu’à la maison. Il faut aussi savoir que les artistes béninois plus âgés, ceux de l’ancienne génération ne donnaient pas le bon exemple, beaucoup d’entre eux avaient des histoires de vies assez « tumultueuses », ce qui effrayaient mes parents.

Vivons

Quel est votre parcours? Vos influences ?

J’ai été formé pendant 4 ans par un grand artiste peintre béninois, Joseph Kpobly. Je ne dirai pas qu’il a influencé mon travail mais il m’a plutôt orienté.

Ensuite j’ai eu la chance de voyager, j’ai fait des recherches sur l’art, je voulais en savoir plus, m’instruire. J’ai rencontré le sculpteur Willi Bester, rencontre décisive qui a influencé mon oeuvre.

J’ai également été beaucoup influencé par des artistes africains béninois, togolais, mais aussi d’autres pays voisins.

Ce qui m’inspire se sont essentiellement mes soucis quotidiens. J’exprime ces sentiments en les transcrivant sur des supports. C’est vrai que c’est dans les moments particulièrement difficiles, lors d’épreuves que mon travail est le plus fort, le plus inspiré.

Quand j’étais plus jeune, méconnu et que je trimais mon travail était totalement différent. Aujourd’hui avec la notoriété, mon travail n’a pas la même profondeur. Il est d’une toute autre intensité.

J’ai vécu plusieurs années en France, si bien que la vie occidentale influence aussi mon œuvre. Mon parcours entre l’Europe et l’Afrique m’a transformé et a élargi mon horizon et donc mes sources d’inspirations.

Equilibre

Quelle est l’étape que vous préférez dans la réalisation?

Généralement, je préfère l’étape finale car elle me fait oublier l’étape initiale qui peut être très longue par moment.

Lorsque vous débutez une création, avez vous une idée précise de l’aboutissement souhaité?

Quand je travaille sur un sujet précis, généralement je sais exactement où je vais et je ne dévie pas en cours de route. Par contre, il m’arrive aussi de débuter une création en fixant la finalité mais pour finir, le résultat est tout autre.

Où travaillez vous?

En France mon atelier était situé chez moi.

Au Bénin, j’ai préféré cloisonner vie artistique / travail et vie familiale. Quand je suis chez moi en famille, j’y suis à 100%.

Reflexion

Etes vous dans des associations, des groupes, des collectifs ou autres d’artistes?

Je fais partie du rotary club.

Je suis également membre de plusieurs associations qui font la promotion de jeunes artistes plasticien du monde entier.

J’ai aussi initié le «Cénacle expérimental», qui est une résidence au profit d’une dizaine de jeunes peintres dont les travaux, sont prédestinés à un avenir prometteur, si on les encadre et leur donne les outils de réussite.

Son site http://www.charlydalmeida.com

Promotion de l’Art Africain

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